Après avoir "invité la direction" d'Arjowiggins à dormir dans les locaux de l'usine jeudi 10, le soir même de l'annonce de la direction, les employés et syndicats de Charavines coordonnent leurs actions avec l'autre site touché par le plan de restructuration, à Wizernes, dans le Nord-Pas-de-Calais.
Ainsi jeudi 17, Wizernes et Charavines voient leurs rues noires de monde. Habitants, commerçants et élus répondent massivement présents à l'invitation des salariés et des organisations syndicales. Plus de 700 personnes dans le Nord-Pas-de-Calais et 600 en Isère, selon la Filpac-CGT, battent le pavé. Et dans les deux villes, nombreux sont les commerçants à avoir baissé leurs rideaux en signe de soutien.

Au même moment, à Paris, les délégués syndicaux CGT CFDT FO sont reçus par le cabinet d'Arnaud Montebourg, ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique. De cet entretien, il n'en ressort pas... grand chose. Pour le ministère, "cette prospection, d'une durée d'un an, devra être menée au niveau mondial et sans restriction. L'ensemble des acteurs du secteur ou capable d'offrir des perspectives industrielles à ces sites de production de papier devront être approchés"...
La veille, mercredi 16, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le député de l'Isère, Jean-Pierre Barbier, interpelait Axelle Lemaire, secrétaire d'État au Numérique, sur le devenir d'Arjowiggins. Elle répondait aux interrogations de M. Barbier : "la restructuration est nécessaire, elle est d'ailleurs indispensable pour assurer la survie du groupe. Les deux sites français, celui de Charavines, en Isère, et celui de Wizernes, dans le Pas-de-Calais, feront l'objet d'une recherche de repreneur". Et poursuivait par cette déclaration à peine croyable : "Pour le long terme, la solution résidera dans la transformation numérique de la filière industrielle du papier" !
La prochaine manifestation a lieu le mercredi 30 avril, à Paris. Et ce ne sera certainement pas la dernière.