Presstalis est en cessation de paiement. Le distributeur qui assure 75 % de la distribution de la presse en France s'est mis sous protection du tribunal de Commerce de Paris lundi dernier. Redressement judiciaire ou liquidation ? Le groupe qui emploie 900 personnes sera fixé sur son sort après l'audience au tribunal le 12 mai prochain. D'ici là, les quotidiens et magazines devraient continuer à être livrés aux marchands de journaux et kiosques.
Mais quel avenir pour ce maillon important de la chaîne de la presse ? Les problèmes sont multiples.
Malgré un plan de redressement en 2018, Presstalis est particulièrement endetté, de l'ordre de 500 à 600 millions d'euros, selon Le Figaro. Les marchands de journaux et kiosques sont en attente de paiement, environ 17 millions d'euros, tout comme les éditeurs pour 135 millions d'euros, selon le Syndicat de l'Association des éditeurs de presse (SAEP).
De plus, depuis des années, presse magazine et presse quotidienne se déchirent sur l'organisation de la diffusion de la presse dans l'Hexagone.
Presstalis est à l'heure actuelle organisée en deux coopératives d'éditeurs, l'une de quotidiens nationaux qui détient 27 % du capital du groupe et l'autre de magazines à hauteur de 73 %.
Presstalis souhaite le maintien d'une structure qui distribuerait quotidiens et magazines, choix soutenu par la coopérative des quotidiens, alors que la Coopérative de distribution des magazines (CDM) et les Messageries lyonnaises de presse (MLP), concurrent de Presstalis, plaident pour une séparation des deux types de presse.
Le président de Presstalis, Cédric Dugardin, à la tête du groupe depuis février dernier, a indiqué dans un message à ses salariés consulté par l'AFP, que ce dépôt de bilan doit permettre "d'accélérer les discussions, en plaçant toutes les parties prenantes face à un sentiment d'urgence".