Communication visuelle : quand les donneurs d'ordres orchestrent la stratégie RSE

En amont de la réglementation RSE, les donneurs d'ordres dans le secteur de la communication visuelle incitent les entreprises à se tourner de plus en plus vers des démarches d'éco-conception.

Les donneurs d'ordres, acteurs de la RSE

À ce jour, la réglementation RSE pour les métiers de la communication visuelle ne concerne que les produits liés à l'énergie, se définissant par des normes et des directives. Pourtant, d'après plusieurs études, les clients de ce secteur demanderaient davantage d'engagements et de certifications à leurs fournisseurs depuis quelques années en matière d'éco-conception et de recyclabilité.

Certaines entreprises prendraient également des initiatives en priorisant une conception plus durable et respectueuse de leurs dispositifs.

  • 79 % des PME en France déclarent qu'elles sont interpellées par leurs donneurs d'ordres sur les sujets RSE.
  • 61 % des fournisseurs reconnaissent que les demandes RSE de leurs clients les conduisent à améliorer leur offre et processus et peuvent représenter une source de nouvelles opportunités.
    (source : Bpifrance, PwC, Observatoire de la RSE.)

Témoignages d'entreprises de signalétique et communication visuelle

Pour Duo Display (34), un des leaders mondiaux dans le secteur du stand modulaire et du display, l'objectif est de « ne plus penser en one shot ». La stratégie de la société s'organise dès le sourcing de ses matières premières, puis autour de la réparabilité, de la location et de la revalorisation de ses produits.

Nojac Enseignes (78) effectue au quotidien un tri rigoureux et s'assure en permanence que ses déchets (piles, papier, encres, PMMA, Dibond, Alu, DEE, etc.) suivent une filière de traitement adaptée. L'entreprise oriente ses actions vers le recyclage et la réutilisation via des dons auprès d'organismes, mais aussi à travers ses locaux en matière d'économie d'énergie et de process de fabrication.

Impri'Média (22), imprimeur sur supports tout formats et marquage publicitaire, mise sur la réutilisation et l'upcycling : utilisation exclusive de ruban adhésif kraft et réemploi des liners et films pour l'emballage, dons des mandrins, des bâches, des "cul de bobines" et des chutes d'adhésifs.

Pour l'agence de communication Cassiopub (15), « l'idée première est d'éviter tout gaspillage ». Pour limiter ses impacts, elle veille à optimiser l'impression en amalgame, regrouper ses commandes afin de limiter ses livraisons, valoriser ses chutes d'adhésifs par l'impression de stickers pour ses clients.

L'indicateur RSE : Graal de reconnaissance ?

Une multitude d'autres entreprises de toutes tailles rejoignent aussi cette volonté de déployer des solutions alternatives éco-conçues et d'adopter une stratégie basée sur l'économie circulaire. Cependant, concernant l'évaluation du scoring RSE, ce sont souvent les donneurs d'ordres qui imposent aux imprimeurs ces labels et certificats (Ecovadis, Print Ethic, Iso 14001, etc.), demandant beaucoup d'énergie humaine et financière. Les petites structures, même si elles partagent et respectent ces engagements, ne peuvent pas toujours subventionner cette reconnaissance.

Une labellisation RSE accessible à tous

Print Ethic a été conçu par les imprimeurs pour les imprimeurs, sur la base de l'ISO 26000. Le déroulement est conçu pour être accessible aux petites entreprises, tant financièrement (pas de coûts d'audit, de labellisation, d'accompagnement) qu'en terme de temps passé. La branche organise un accompagnement individualisé via l'IDEP, centre de ressources du secteur, pour aider les entreprises qui le souhaitent à initier et progresser dans leur démarche. Et les motivations des dirigeants qui s'engagent sont certes de répondre aux attentes de leurs clients, mais aussi de contribuer à répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux qui sont déterminants pour la pérennité de leur activité.

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